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Sur Internet, vous avez sans doute lu des centaines d’articles sur le cardio à jeun, essentiellement parce que la grande majorité des culturistes les plus minces sont des inconditionnels de cette démarche, tout comme ceux qui, l’ayant adoptée, ont perdu bon nombre de kilos. Inutile de fouiller dans les études cliniques pour s’assurer que cela paraît tout à fait logique : en effet, étant donné que le corps ne peut pas puiser son carburant dans la nourriture puisqu’on est à jeun, il s’oriente vers d’autres sources (dans ce cas, la masse grasse) pour lui fournir l’énergie nécessaire à l’effort et à la récupération qui suivra. Toutefois, ces témoignages personnels en faveur du cardio-training pratiqué avec le ventre vide concordent-ils avec les études scientifi ques ? Voyons cela de plus près.

Explications :

Comme son nom l’indique, le cardio à jeun consiste à s’adonner à une activité aérobie (généralement de faible intensité sur vélo ergométrique ou tapis de jogging) avant le petit déjeuner.

Allégations : 

Les adeptes de cette méthode affirment qu’elle leur permet de perdre plus de graisse tout en conservant davantage de masse musculaire.

Etudes : 

En 2014, le Journal of the International Society of Sports Nutritiona rendu compte de travaux comparant la perte de graisse entre deux groupes d’athlètes lors d’entraînements intensifs. Un groupe devait s’alimenter avant l’effort tandis que l’autre devait s’entraîner avec le ventre vide. À l’issue des tests, les chercheurs n’ont observé aucune différence du taux de graisse corporelle entre les deux groupes. Qui plus est, selon une étude de 2001, une prise alimentaire légère avant l’effort est préférable au cardio à jeun car elle favoriserait une plus forte mobilisation des lipides.

Verdict :

La perte de graisse est intimement liée au régime alimentaire. Cependant, si vous voulez à tout prix faire du cardio à jeun, Justin Grinnell, entraîneur diplômé (grinnelltraining.com), suggère de prendre au préalable 10 g d’acides aminés ramifiés (BCAA) ou d’acides aminés essentiels en cumul avec 3 à 5 g de créatine ou même 20 à 30 g de whey protéine de qualité. « C’est une mesure de précaution, explique-t-il. On limite les calories ingérées, mais cet apport joue le rôle de régulateur entre les repas : il évite la perte de masse musculaire et maintient le niveau des sucres sanguins afin d’optimiser la fourniture énergétique ainsi que la performance. »