Aller aux toilettes est un besoin naturel et pourtant vous n’arrivez pas en parler ? Voici 6 leçons pour apprendre à vous détendre.

Aller aux toilettes, c’est comme avoir des relations sexuelles. Tout le monde le fait, personne n’en parle. Sujet intime s’il en est. Acte exécuté avec discrétion, porte fermée (parfois à clé), bruits étouffés, odeurs combattues à coups de désodorisant. Vous ne souhaitez laisser aucune trace de ce qui vient de se passer. À croire qu’il s’agit là d’un crime et que vous en effacez les preuves. Dommage! Vous perdez là une occasion rare d’évaluer votre état de santé général. Couleur, consistance et fréquence de vos selles en disent long, en effet, sur ce qui se passe à l’intérieur de votre organisme. Maladie de Crohn, syndrome du côlon irritable, occlusion intestinale ou cancer sont autant de maladies que vous pourriez identifier, si vous en souffriez, en vous préoccupant un peu plus de vos déjections. Sur le trône, vous serez roi !

Leçon 1 : La régularité est une vertu.

À quelle fréquence allez-vous aux toilettes ? Et quelle est la fréquence normale ? Les scientifiques ont planché sur le sujet et conclu qu’un homme en bonne santé va à la selle une fois par jour, en moyenne. Il s’agit là d’une moyenne, l’activité intestinale différant d’un individu à l’autre. De trois fois par jour à trois fois par semaine, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. En revanche, si votre rythme habituel se dérègle, passant de trois fois par semaine à trois fois par jour, soyez attentif. La fréquence et la forme de vos selles sont révélatrices de bien des maux. Fermes et lisses, tout va bien. Trop molles ou trop dures : attention. Constipation, syndrome du côlon irritable, maladie de Crohn, occlusion intestinale voire cancer ne sont pas à exclure. Mieux vaut consulter.

Pour mieux faire : buvez un verre d’eau à chaque repas. Selon une étude parue dans The American Journal of Gastroenterology, un apport hydrique régulier insuffisant entraîne un durcissement des selles et peut même être source de constipation. Moins les gens boivent, plus ils sont constipés. Inclure plus de fibres insolubles à votre régime alimentaire peut également être une solution en cas de ralentissement de votre transit intestinal. Elles fixent l’eau au niveau du tube digestif et gonflent, lestant ainsi le bol intestinal et facilitant le transit. Une étude britannique a montré que l’ingestion quotidienne de 3,5 grammes de son de blé avait un effet bénéfique sur la digestion en deux semaines seulement. Notre suggestion ? La consommation de céréales riches en fibres. Si les troubles persistent, consultez votre médecin traitant dans les plus brefs délais, surtout si vos selles sont fines (risque possible d’occlusion intestinale).

Leçon n°2 : Il suffit de peu pour déclencher une « courante ».

Certains aliments, comme certains produits pharmaceutiques, sont susceptibles de déclencher une réponse hormonale et nerveuse dans votre organisme, laquelle se traduira par une activation de votre transit intestinal. Mais attention, les diarrhées peuvent également être le premier symptôme d’une allergie alimentaire et de l’inflammation intestinale qui en est le corollaire. Le stress aigu peut également être à l’origine de nombreux allers- retours aux toilettes.

Pour mieux faire : pour savoir si vous souffrez d’une éventuelle allergie alimentaire, faites un test cutané à domicile. Manipulez l’aliment que vous pensez être à l’origine de vos troubles intestinaux, du bout des doigts. Ils rougissent ? La rougeur persiste ? Retirez cet aliment de votre alimentation pendant quelques jours et voyez si vous vous sentez mieux. Côté médicaments, antibiotiques, analgésiques et antiacides à base de magnésium sont souvent à l’origine de maux de ventre fulgurants. Si c’est le cas, parlez-en à votre médecin.

Leçon n°3 : N’ignorez aucune douleur.

Certaines parties de votre corps, tel le cœur, peuvent se détériorer sans que vous ne vous en aperceviez ou n’en souffriez. Il en va tout autrement pour vos fesses. Au moindre problème, vous souffrez sur le trône. Car l’anus et le canal anal, dans sa partie basse, sont parmi les zones les plus sensibles de votre anatomie. Cette sensibilité joue un rôle capital dans la continence et la rétention du contenu rectal lorsque les conditions sociales d’évacuation ne sont pas remplies. En d’autres termes, quand vous vous retenez.

Pour mieux faire : démangeaisons, picotements ou sensations de brûlure : vous avez peut-être mangé trop épicé hier soir ? Si ce n’est pas le cas, vous souffrez peut-être d’hémorroïdes – déplacements des tissus, veines et artères situés au niveau de l’anus et du rectum. Constipation ou position assise prolongée peuvent en être l’origine. Il convient avant tout d’apaiser l’inflammation par traitement local (suppositoires de préférence). Mais si la douleur persiste plus de cinq jours, consultez. Vous pourriez tout aussi bien souffrir d’une fissure anale, lésion superficielle mais douloureuse de la paroi du canal anal provoquée par le passage de selles dures. Dernière possibilité ? Votre douleur est causée par une maladie inflammatoire chronique de l’intestin, la maladie de Crohn. Cette maladie se traduit également par la présence de sang dans les selles.

Leçon n°4 : Les selles sont marrons.

Clair ou foncé, c’est le marron qui prime en matière de selles. Tout changement de couleur doit vous interpeller. Dans le meilleur des cas, il est lié à un aliment que vous avez consommé récemment. Betteraves, épinards, rhubarbes et colorants artificiels peuvent altérer la couleur de vos selles, après action des enzymes digestives nécessaires à la dégradation des aliments. Dans le pire des cas, vous pourriez être victime de colite ulcéreuse, souffrir de la maladie de Crohn ou avoir développé un cancer du côlon.

Pour mieux faire : rouge et noir sont les deux couleurs qu’il vaudrait mieux ne pas voir au fond de la cuvette, les deux pouvant s’expliquer par la présence de sang dans les selles. Si vous ne pouvez expliquer cette coloration par l’ingestion d’un aliment, la prise d’un médicament ou le développement d’hémorroïdes, consultez. Surtout si le phénomène se répète et que d’autres symptômes (douleur rectale, par exemple) l’accompagnent. Si vos selles sont pâles, tirent vers le blanc, vous pourriez souffrir d’une obstruction des voies biliaires, dont les complications incluent des infections, voire une septicémie, et une maladie du foie comme la cirrhose biliaire.

Leçon n°5 : Vous n’adoptez vraisemblablement pas la bonne position.

Aller aux toilettes ? Rien de plus simple. Une étude japonaise a pourtant montré que la plupart d’entre nous adoptaient une posture potentiellement incommodante sur le trône. Mieux vaut garder les pieds bien à plat au sol et éviter de s’asseoir. Eh oui, une assise conventionnelle génèrerait un angle ano-rectal mal adapté à la défécation. Résultat : on pousse, la pression augmente et fait gonfler les veines irriguant l’anus. Hémorroïdes garanties.

Pour mieux faire : accroupissez-vous sur les toilettes. C’est hasardeux et cela peut s’avérer douloureux pour les genoux. Autre solution ? Placez un repose-pied à proximité de vos toilettes et utilisez-le pour modifier l’angle de tir lorsque vous être assis sur le trône. N’oubliez pas de respirer, au passage !

Leçon n°6 : Ne vous retenez pas !

Sauf à porter une couche, 24 heures sur 24, il est parfois des moments où l’on se retient. On serre les fesses, on essaie de penser
à autre chose en espérant que l’envie cesse. Et cela a des conséquences, même si on ne les voit pas. Le contenu rectal remonte vers
le côlon sigmoïde, lequel réactive le processus d’expulsion des déchets, ce qui durcit vos selles et peut, à la longue, accroître les risques de survenue d’hémorroïdes, fissures anales et autres diverticuloses (présence de petites hernies sur la paroi du côlon).

Pour mieux faire : ne résistez pas à l’appel de la nature. Et prenez le temps de bien faire, quitte à nous lire dans votre royaume !

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