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Non, la sieste ne concerne pas que les personnes âgées ayant trop mangé. Auteur du livre « Eloge de la sieste », polytechnicien et passionné de médecine préventive, Bruno Comby l’a compris depuis longtemps. Florilège de conseils pour faire un break au bon moment.

10 bonnes raisons de faire la sieste

1. Parce que c’est simple à faire

Rien n’est plus simple que de faire une sieste. En voici les étapes : fermeture des yeux ; décontraction maximum de tous les muscles ; respiration lente et profonde ; laissez une sensation de calme et de bien-être s’installer. Cette sensation est liée à l’apparition d’ondes électriques de type alpha dans votre cerveau. Elles sont particulièrement bénéfiques par leur dimension relaxante. N’hésitez pas à vous étirer au début ou après votre sieste. Relevez-vous doucement.

2. Parce que les anciens en connaissaient les vertus

Comme l’a joliment souligné Jacques Chirac dans la préface du livre de Bruno Comby : « Le repos est une affaire sérieuse, dont la qualité conditionne notre existence. De nombreuses religions ont sacralisé le sommeil, dont Charles Péguy écrivait qu’il est « l’ami de Dieu et de l’homme ». Les anciens savaient que la clé des songes est aussi celle de l’équilibre et du bonheur, et recommandaient la pratique de la sieste. »

3. Parce que les animaux la font aussi

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« Presque tous les animaux de la Terre font la sieste. Observons par exemple les animaux domestiques que nous connaissons le mieux : les chiens et les chats. Plusieurs fois par jour, et en particulier après le repas, ils se couchent et se reposent. Lorsqu’un animal a besoin de récupérer parce qu’il est fatigué, il s’allonge et dort. Les animaux sont doués d’une forme de sagesse naturelle qui les incite à dormir ou à manger au moment où ils en ont besoin. »

4. Parce que c’est si bon… d’en prendre le temps

A trop agir sans faire de pause, on perd souvent en compétitivité. « En fait, nous avons le temps que nous voulons bien prendre et il ne tient qu’à nous de nous organiser pour avoir du temps pour soi. Nous pouvons tous trouver un moment dans la journée pour faire la sieste, ne serait-ce que dix minutes, si vraiment nous le désirons. »

5. Parce que c’est encore meilleur en respirant profondément

Voici comment procéder : tout d’abord, bien dégager les voies respiratoires avant de la commencer, en desserrant votre cravate éventuelle et le premier ou – soyons fous ! – le deuxième bouton de votre chemise. Mouchez-vous pour dégager les narines. Installez-vous pour la sieste, fermez les yeux et respirez de préférence par le nez en ralentissant volontairement votre rythme à la fois inspiratoire et expiratoire. Si votre santé vous le permet, ménagez-vous des pauses de quelques secondes (par rétention d’air) en alternant poumons vides et poumons pleins, un peu comme en apnée. Cette technique de « respiration profonde » permet même de se relaxer sans fermer les yeux, par exemple au cours d’une réunion de travail.

6. Pour tenir le coup

Une courte sieste en début d’après-midi (entre 13 h et 16h), après le possible coup de pompe d’après déjeuner, augmente l’attention et maintient, voire améliore, les performances intellectuelles durant les deux heures et demie qui suivent. Pour ceux qui manquent de sommeil du fait d’un travail en horaires décalés, une sieste soulage et réduit la somnolence.

7. Parce que 10 minutes suffisent

Le calibrage de votre sieste dépend naturellement de votre état de fatigue, généralement lié à celui de votre nuit. Les études s’accordent sur les effets réparateurs d’une sieste d’une dizaine de minutes (sieste flash). Dossier important, rendez-vous stratégique, trajet en voiture, il ne tient qu’à vous d’attaquer à tête reposée. Attention toutefois, un sommeil diurne supérieur à une demi-heure peut engendrer l’effet inverse. On peut ainsi se réveiller fatigué, voire « englué », d’une sieste supérieure à 30 minutes, et le sommeil de la nuit suivante peut s’en trouver perturbé.

8. Parce que la sieste libère notre génie intérieur

L’accès à notre créativité est souvent logé dans notre inconscient. La sieste permet d’avoir librement accès à cet inconscient et peut même le rendre conscient après le repos. Parmi les adeptes les plus connus des « power-naps », notons: Albert Einstein ; Victor Hugo ; Léonard de Vinci ; Winston Churchill ; Jacques Chirac; John Fitzgerald Kennedy ; Barack Obama ; Napoléon Bonaparte, Benjamin Franklin, Thomas Edison, Salvador Dali…

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9. Car elle régule notre taux de noradrénaline

Selon l’Agence France Presse, une étude scientifique publiée aux Etats-Unis dans le journal Clinical Endocrinology & Metabolism a confirmé les bienfaits d’une sieste, même courte, sur le niveau de stress ou le système immunitaire chez des hommes n’ayant dormi que deux heures la nuit précédente. Selon cette étude, faire une sieste rétablit dans l’organisme les niveaux d’hormones et de protéines nécessaires au bien-être intérieur. Les scientifiques ont ainsi constaté que les niveaux de noradrénaline redeviennent normaux après une sieste. La noradrénaline est cette hormone qui favorise l’attention, l’apprentissage et stimule la réponse aux signaux de récompense : plus notre sensibilité noradrénergique est grande, mieux nous nous sentons dans notre corps.

10. Parce qu’elle peut rendre plus intelligent

La sieste – du latin sixta – désigne étymologiquement la sixième heure du jour après l’aube. L’homme est ainsi génétiquement programmé pour dormir au moins une fois par jour au milieu de la journée. Se reposer un peu, c’est aussi ça : savoir lâcher le contrôle de ses pensées pour accepter de se fondre dans ce grand océan qu’est le cerveau humain afin d en apaiser les tempêtes intérieures. En favorisant également la mémorisation, la sieste nous rend disponible pour intégrer de nouvelles données. Certaines études soulignent même qu’une sieste de 20 minutes peut augmenter nos facultés intellectuelles de 20%.